Cheval qui mange son crottin : que faire pour corriger ce comportement ? Détecter et gérer l’anxiété chez les chevaux

Observer son cheval mordiller son foin ou brouter tranquillement dans son pré est une scène banale, mais découvrir qu'il ingère son propre crottin l'est beaucoup moins. Ce comportement, appelé coprophagie, surprend et inquiète légitimement les propriétaires. S'il reste normal chez le très jeune poulain, il devient un signal d'alerte chez le cheval adulte et mérite qu'on s'y attarde sérieusement pour en comprendre les causes et y remédier efficacement.

En quelques points

  • La coprophagie est un comportement physiologique chez le poulain, mais elle signale un trouble chez le cheval adulte.
  • Les carences en minéraux (phosphore, sodium, magnésium) et en vitamines B poussent souvent le cheval à ingérer ses excréments pour compenser ses besoins nutritionnels.
  • Le manque de fourrage, l'ennui et le stress chronique liés à un isolement prolongé ou à un environnement inadapté favorisent l'apparition de ce tic comportemental.
  • L'ingestion de crottin expose l'animal à des risques parasitaires accrus, nécessitant une vermifugation rigoureuse pour éviter la propagation dans le troupeau.
  • Des problèmes de santé sous-jacents, comme des ulcères gastriques ou des troubles dentaires, peuvent altérer la digestion et inciter le cheval à ce comportement.
  • Pour corriger la coprophagie, il est essentiel d'équilibrer la ration alimentaire avec des fibres de qualité et, si nécessaire, des probiotiques.
  • L'amélioration des conditions de vie, notamment par une augmentation du temps de sortie et des interactions sociales, est cruciale pour réduire l'anxiété du cheval.

Les origines de la coprophagie chez le cheval

La coprophagie désigne l'ingestion volontaire de matières fécales par l'animal. Chez le poulain de moins de 4 mois, ce comportement est parfaitement physiologique : il lui permet d'ensemencer sa flore intestinale encore immature en absorbant les bactéries présentes dans le crottin de sa mère. En revanche, chez un cheval adulte, cette pratique sort de la norme et traduit généralement un déséquilibre sous-jacent, qu'il soit nutritionnel, digestif ou comportemental. Il ne faut donc jamais banaliser ce signe, même s'il peut sembler anecdotique au premier abord.

Les carences alimentaires qui poussent le cheval à manger ses excréments

Le premier réflexe à avoir face à un cheval coprophage est de questionner sa ration. Une carence nutritionnelle en phosphore, en sodium ou en magnésium figure parmi les causes les plus fréquentes de ce trouble. L'animal, à la recherche instinctive de nutriments manquants, peut alors se tourner vers ses propres déjections qui contiennent encore des résidus alimentaires partiellement assimilables. Les vitamines du groupe B, essentielles au bon fonctionnement de la flore intestinale, jouent également un rôle clé : leur insuffisance perturbe l'équilibre digestif et peut inciter l'animal à ce comportement compensatoire. Un accès limité au fourrage aggrave considérablement le phénomène, car un cheval qui n'a pas assez à manger developpera plus facilement des comportements anormaux, dont la consommation de fumier.

Le stress et l'ennui comme déclencheurs de ce comportement

Au-delà de l'aspect nutritionnel, la coprophagie peut relever d'un véritable tic comportemental. Un cheval enfermé trop longtemps au box, disposant de peu de temps de sortie ou vivant dans un environnement pauvre en stimulation, développe parfois ce genre de comportement pathologique par ennui ou par anxiété. Le stress chronique, qu'il soit lié à la solitude, à une hiérarchie compliquée au sein du troupeau ou à des conditions de vie inadaptées, favorise l'apparition de ces troubles. Dans les cas les plus préoccupants, des chevaux ayant subi de la maltraitance peuvent également développer une coprophagie comme mécanisme d'adaptation face à un environnement anxiogène.

Les conséquences sanitaires de la consommation de crottin

Ignorer ce comportement expose le cheval à des risques sanitaires bien réels qu'il convient de ne pas sous-estimer.

Les risques parasitaires liés à l'ingestion de matières fécales

Le crottin peut héberger des œufs de parasites qui, une fois réingérés, relancent le cycle d'infestation interne. Cela augmente sensiblement l'exposition aux maladies parasitaires et complique la gestion sanitaire de l'ensemble du troupeau si le cheval coprophage vit en collectivité. C'est pourquoi une vermifugation régulière et rigoureuse devient indispensable dès qu'un tel comportement est repéré, afin d'éviter une contamination croisée entre chevaux partageant la même pâture.

Les troubles digestifs provoqués par la coprophagie

Sur le plan digestif, on retrouve souvent chez ces chevaux des signes révélateurs comme l'anorexie, un amaigrissement progressif ou la présence de céréales non digérées dans les crottins, preuve d'une assimilation alimentaire défaillante. Les ulcères gastriques figurent aussi parmi les causes possibles de ce comportement, tout comme des problèmes dentaires qui empêchent une mastication correcte du fourrage. À terme, la coprophagie peut entraîner des infections digestives sérieuses, fragilisant durablement la santé de l'animal si aucune action corrective n'est entreprise.

Les solutions pour faire cesser ce comportement indésirable

Heureusement, plusieurs leviers permettent de corriger ce comportement une fois les causes identifiées.

Adapter le régime alimentaire et enrichir la ration en fibres

La base de toute correction passe par une ration alimentaire équilibrée et riche en fibres. Un cheval adulte pesant environ 500 kg a besoin d'un minimum de 10 kg de foin par jour, ce qui correspond généralement à une fourchette allant de 1,5% à 2% du poids de l'animal. Privilégier un foin de bonne qualité, sans poussière, contribue à une meilleure digestion et limite les frustrations alimentaires. L'ajout de probiotiques peut également soutenir efficacement la flore digestive, avec des produits disponibles sur le marché allant d'environ 23,00 euros à près de 60 euros selon les marques et les formulations. Une consultation nutritionnelle auprès d'un spécialiste permet souvent d'ajuster précisément les apports en minéraux et vitamines manquants.

Améliorer les conditions de vie au box et en écurie

Parallèlement à l'alimentation, l'environnement du cheval doit être repensé. Augmenter le temps de sortie, favoriser l'accès à la pâture, et éviter les périodes prolongées d'isolement au box réduisent significativement le stress à l'origine de nombreux comportements anormaux. Si la coprophagie persiste malgré ces ajustements, il est fortement recommandé de consulter un vétérinaire afin d'écarter tout trouble digestif sous-jacent et de mettre en place un suivi adapté, incluant si nécessaire une prise en charge du stress par des approches comportementales complémentaires.